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L’Épidémiologie narrative de l’Invisible : Ce que le Hantavirus enseigne pour la stratégie

Et si le problème de la stratégie était tout simplement la circulation des représentations ?

On nous vend l’autonomie cognitive comme un idéal :

  • bien dormir,
  • – optimiser sa dopamine,
  • – gérer ses biais, ses pensées limitantes..
  • – muscler son cerveau…

Vision séduisante. Mais profondément incomplète.

Nous ne sommes pas seulement des cerveaux individuels. Nous sommes des nœuds dans un réseau de contagions narratives.

Dans une organisation, les idées circulent comme des agents infectieux : certaines se propagent, certaines mutent, certaines meurent immédiatement.

Pourquoi ?

Parce qu’une idée, une vision, une stratégie, ne survit pas grâce à sa vérité.

Elle survit grâce à son coût de transmission.

L’anthropologue cognitif Dan Sperber le montre bien :

la culture n’est pas une abstraction floue et générale.

Mais bien un grand écart entre Lady Gaga et la baguette, entre La Joconde et la conduite à gauche ou à droite.

La culture, c’est une population de représentations qui circulent entre les individus.

Une stratégie échoue souvent non parce qu’elle est mauvaise, mais bien parce que le réseau social, culturel, technique et environnemental ne peut pas l’héberger à faible coût cognitif.

Voilà le vrai sujet.

Dans vos équipes, observez :

  • quelles idées deviennent virales ;
  • lesquelles meurent immédiatement ;
  • où l’information cesse de circuler ;
  • quels managers sont des vecteurs ;
  • quels services deviennent des zones de quarantaine.

Car communiquer ne consiste pas à “faire passer un message”.

Communiquer, c’est modifier l’environnement mental de l’autre avec le minimum d’effort cognitif.

Une organisation performante n’est donc pas celle qui contrôle parfaitement son storytelling institutionnel.

C’est celle qui réduit grâce à sa stratégie la friction de propagation de ses représentations stratégiques.

Contenu de l’article

En clair : si votre vision ne peut pas être répétée simplement,

à la machine à café, le réseau ne la diffusera pas.

Et une stratégie qui ne circule pas n’existe pas.

Comme le Hantavirus, certaines représentations restent dormantes dans le système jusqu’à trouver un environnement favorable à leur propagation.


⚡ Le Challenge du mois : Cartographiez vos virus narratifs !

Contenu de l’article

Ne cherchez plus à surcontrôler votre communication interne avec un storytelling officiel. Profitez de vos observations pour regarder comment l’information circule.

1. Observez une idée « contagieuse » dans votre équipe (qu’elle soit positive ou toxique). Pourquoi s’est-elle propagée si vite ? Quel était son « indice de pertinence » ?

2. Identifiez les zones de quarantaine : Où l’information s’arrête-t-elle ? Quels sont les nœuds du réseau qui bloquent la mutation nécessaire de vos récits ?

3. Abaissez le coût cognitif de votre récit stratégique : Simplifiez un message complexe pour le rendre plus « infectieux ». Moins d’effort pour l’autre, c’est plus de chances pour votre idée.

Sortez de l’illusion mécaniciste.

Devenez un épidémiologiste de la stratégie narrative.

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Un récit commun devient alors possible…

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Nous aidons les COMEX et équipes dirigeantes à diagnostiquer les frictions narratives qui ralentissent la circulation stratégique.

Un récit commun devient alors possible…

CET ARTICLE  est tiré de ma newsletter « Ni le Soleil ni la Mort… », édition du mois de mai 2026.

À propos de l’auteur : François Lamé est le fondateur de Stratégies Narratives. Il conjugue anthropologie cognitive, neurosciences et pratiques narratives pour accompagner la transformation des dirigeants, des équipes et la souveraineté des marques. Découvrez ses programmes d’accompagnement et ses masterclass sur www.strategiesnarratives.com.

La fin du Storytelling de confort – un insight neurosciences cognitives & narratif

J’ai longtemps cru que tout était récit. J’ai changé mon fusil d’épaule : tout est énergie. Énergie qui se disperse. Et tentative de concentration momentanée.

La grande angoisse ? Le temps. Le monde n’est pas linéaire. Stable. Rassurant. Un récit ? Non.

C’est une collision. Un événement. Brusque, fatal, épiphanique. Une entreprise de démolition. Un flux de forces qui percutent nos structures sociales et cérébrales. Le récit suit ou précède la déflagration. Furieux, il tente d’établir ou de rétablir — à un coût faible — la cohérence d’une étincelle de certitude temporelle. Le temps, encore lui, nous échappe.

La thermodynamique du chaos : Le récit-membrane

Or, dans le chaos, tu le sais, tout s’éteint et crache le feu. Ciel d’Iran. La Fureur Épique zèbre le ciel. Et tout devient volatil. Dans l’air lourd : la vie ou la mort, le temps lui-même, l’escalade des menaces, les tarifs à la pompe… La tension est souveraine. L’incertitude totale.

Entre le cru de l’ancien récit et le nouveau qui viendra, le sédentaire croit qu’un mur narratif le sauvera. Il n’en est rien.

Le narratif est un système de régulation de l’énergie vitale face à l’incertitude.

Une seule solution : piloter dans l’œil du cyclone. Trouver l’espace vide au milieu du chaos. Le « Ma » japonais.

Inspir, expir.

Rechargement du potentiel.

Action.

L’organisation résiliente : Absorber, Réguler, Cristalliser

Faire face aux déphasages est une question de survie. La mode du storytelling « so 2010 » ne survivra pas à notre période des Empires Combattants. Pour transformer une situation, ce n’est pas notre capacité à « raconter une belle histoire » qui est testée. C’est notre capacité à absorber le choc.

Le récit n’est plus un discours. C’est une membrane. Une seconde peau, organique. Votre organisation sait-elle :

  1. Absorber – encaisser sans se briser.
  2. Contenu de l’articleRéguler – transformer l’énergie en stabilité.
  3. Cristalliser – créer une direction dans le chaos.

Le diagnostic : Cessez d’ajouter des petits mots dans le feu du chaos

💡 Test rapide Si votre réponse à l’incertitude est : “On doit plus/mieux communiquer”, vous êtes probablement en train d’ajouter du récit… à un problème énergétique. Une balle dans le pied.

Challenge Votre récit vous protège-t-il… ou vous empêche-t-il de transformer le chaos ? Si la réponse vous inquiète, il est temps d’opérer votre mue.

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CET ARTICLE  est tiré de ma newsletter « Ni le Soleil ni la Mort… », édition du mois de mars 2026.

À propos de l’auteur : François Lamé est le fondateur de Stratégies Narratives. Il conjugue anthropologie cognitive, neurosciences et pratiques narratives pour accompagner la transformation des dirigeants, des équipes et la souveraineté des marques. Découvrez ses programmes d’accompagnement et ses masterclass sur www.strategiesnarratives.com.

Devons-nous prédire notre narratif … ou (re)devenir inarrêtables ?

Faut-il se préparer à l’incertitude en prédisant l’avenir avec notre narratif ou en redevenant robustes, vivants, inarrêtables ?

  • La question est partout.
  • dans les librairies (rayon new age)
  • sur les dashboards des décideurs
  • dans les tableurs des managers
  • dans le développement personnel
  •  dans les récits de productivité sous stéroïdes, Red Bull et IA

Sommes-nous addicts au plein ?

Tu riais, j’en suis sûr. Moi aussi.

Nous venons du même vieux pays désabusé, celui qui croit encore au panache des idées, au cynisme scientifique, à l’encyclopédisme bravache et au mauvais esprit frappeur.

Alors quand je vois défiler les techniques de mindset, de loi de l’attraction, de persuasion, de mantras d’affirmation positive jusque dans les librairies sérieuses, j’y reconnais surtout un vieux rêve collant :

  • Devenir riche — ou réussir — par simple proclamation narrative intérieure.

 

 

Contenu de l’article

Un rêve où le récit suffit. Où le plein suffit. Où la narration serait auto-réalisatrice, neurosciences ou pas. Mais sans jamais payer le prix du réel.

 

Car ce récit ne parle jamais de ce qui arrive quand.

Quand il se fracasse.

Il ne raconte jamais l’effondrement.

Brutal. Sale. La décristallisation soudaine.

La rencontre violente avec le Grand Réel.

Cet adversaire là, toujours drapé dans son mutisme irrésistible, ne se laisse pas acheter par nos mantras.

Face au Grand Réel, nous, Sapiens narrans, nous mentons à nous-mêmes.

À chaque fois. Notre astuce narrative est ancienne :

ne plus jamais regarder le vide. Ni le soleil. Ni la mort. Ni l’incertitude.

Travailler avec l’ombre, travailler la lumière narrative, deux faces complémentaires

Notre cerveau ne supporte ni le blanc, ni le silence. Il comble. Il raconte. Il fabrique des images, des scénarios, des monstres ou des paradis.

Devant un futur opaque, l’amygdale s’allume, la peur monte, et la machine à prédire s’emballe.

Mieux vaut un mensonge confortable qu’un vide habitable.

Contenu de l’article

Au XIXe siècle, John Franklin est parti chercher le passage maritime du Nord-Ouest. Entre les glaces du Groenland, du Canada, de l’Alaska, de la Russie. Comme beaucoup aujourd’hui cherchent leur passage vers la réussite à coups de checklists et de plans à 5 ans.

Il est parti plein. Plein de boîtes de conserves (la data de l’époque). Plein de confiance dans la technologie victorienne.

Hélas, les conserves étaient mal faites. Le vivant en boîte plombé.

Botulisme. Disparition de l’équipage.

Le blanc. Le vide.

Franklin croyait que le « plein » de la civilisation suffirait à boucher le trou du Grand Nord.

Il était prédictif en diable. Comme nos cerveaux qui, sans fin, produisent des modèles, des récits, des simulations inconscientes ou conscientes.

Et ce jusqu’à l’incontinence cognitive.

Jusqu’à l’épuisement.

Aucune remise en question de l’hypothèse de départ.

Aucun doute sur ce que raconte le cerveau à l’infini.

Un seul objectif :

– neutraliser l’incertitude.

Tout cela pour survivre.

Comment?

En enfermant le vivant dans des boîtes, en collant des étiquettes sur les choses, en mettant des chiffres et des pixels de manière conformiste, raisonnable ou loufoque sur le réel.

Le Grand réel.

L’expédition Franklin, c’est peut-être l’acte de naissance de notre défaite moderne face au vide.


Aujourd’hui, nous avons des satellites, des radars, des modèles climatiques. Le démon blanc est devenu une coordonnée.

Mais nous avons aussi des guerres cognitives qui exploitent exactement ce réflexe archaïque :

– boucher l’incertitude par des récits pleins.

Devenir inarrêtable, ce n’est pas tout prévoir.

Ce n’est pas jouer à Top Gun devant des caméras chargées de saturer le vide.

C’est apprendre à naviguer entre chien et loup, entre ombre et lumière, entre deux royaumes combattants.

Prêt à pousser. Prêt à lâcher.

Car le vide n’est pas le problème. L’ombre n’est pas un problème.

Notre fuite l’est.

Et si nous devenions anti-fragiles ?

Contenu de l’article
Travailler avec l’ombre c’est chevaucher le tigre, accueillir le dragon.

Le saviez-vous ?

Je ne suis pas le seul à proposer de « travailler avec l’ombre » pour « chevaucher le tigre » et « accueillir le le dragon » :

Et vous ? Quel est votre « passage du Nord-Ouest » en ce moment ?

Celui que vous essayez de boucher…

ou que vous souhaiteriez apprendre à traverser?

CET ARTICLE  est tiré de ma newsletter « Ni le Soleil ni la Mort… », édition du mois de février 2026.

À propos de l’auteur : François Lamé est le fondateur de Stratégies Narratives. Il conjugue anthropologie cognitive, neurosciences et pratiques narratives pour accompagner la transformation des dirigeants, des équipes et la souveraineté des marques. Découvrez ses programmes d’accompagnement et ses masterclass sur www.strategiesnarratives.com.

Comment penser, décider et agir dans un monde incertain, risqué et bruyant ?

Comment penser, décider et agir dans un monde incertain, risqué et bruyant ?

Entre deux notifications, un silence s’entrouvre : une porte, un rai de lumière sur la terre gelée.

Au Japon, on appelle cet intervalle “Ma”, 間: ; Au jeu de go, on le nomme « liberté ».

L’espace qui relie et non celui qui sépare.

C’est l’intervalle occupé par un récit, celui qui permet de débloquer nos transformations.

Qu’elles soient stratégiques, opérationnelles ou créatives.

Puissions-nous trouver notre Ma en 2026.

Notre espace. Notre pouvoir.

2026. Puissions nous trouver notre Ma.

Magnifique année à toutes et à tous.

François Lamé

Consultant, expert, formateur & coach

Narratif & Neurosciences

www.strategiesnarratives.com

 

CET ARTICLE  est tiré de ma newsletter « Ni le Soleil ni la Mort… », édition du mois de janvier 026.

À propos de l’auteur : François Lamé est le fondateur de Stratégies Narratives. Il conjugue anthropologie cognitive, neurosciences et pratiques narratives pour accompagner la transformation des dirigeants, des équipes et la souveraineté des marques. Découvrez ses programmes d’accompagnement et ses masterclass sur www.strategiesnarratives.com.

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